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Il était une fois un merveilleux petit garçon. Comme il était né au temps de Noël, ses parents l’avaient appelé « Emmanuel ».
Est-ce pour l’une de ces raisons qu’à peine né, il avait reçu du ciel un cadeau incomparable ? Un Ange avait déposé dans son cœur une petite lumière, comme la flamme d’une bougie. Et l’Ange avait murmuré à l’oreille d’Emmanuel : « Cette lumière, chaque fois que tu voudras, tu pourras la prendre dans tes mains et la donner à tous ceux que tu rencontreras sur ta route et qui en auront besoin. Et tu verras, plus tu la donneras, plus elle grandira dans ton cœur ».
C’est ce que fit Emmanuel, tout au long de sa vie. Quand il voyait quelqu’un de triste, vite, il prenait la flamme dans ses mains et la lui donnait dans un beau sourire.
Un jour, alors qu’il était encore petit, il rencontra un vieillard maussade, extrêmement triste et plein d’agressivité. Emmanuel s’approche de lui, avec le désir de lui communiquer sa lumière, mais plus il approchait de lui, plus le vieillard se renfrognait en fermant son visage et ses yeux. Emmanuel était vraiment triste et ne savait pas comment communiquer sa lumière.
Alors il en parla à l’Ange. A celui qui lui avait fait ce cadeau céleste. L’Ange lui dit : « Fais-moi confiance, Auguste finira par voir et accepter ta lumière. (Auguste, c’était le nom du vieil homme renfrogné). S’il ferme ses yeux et son visage, j’ai remarqué qu’il n’a pas complètement fermé ses oreilles. Fais-moi confiance, je vais lui parler. Il finira par accepter notre cadeau. »
Et l’Ange fit comme il avait dit. Il s’approcha de l’homme tout doucement, sans trop se faire remarquer et il murmura à son oreille : « Auguste, pourquoi n’irais-tu pas mettre un peu d’ordre dans ta cave ? Il y a des années que tu négliges de le faire. Et tu sais, parfois, en fouillant dans les vieilleries, on finit par y trouver un trésor ! »A ces mots « trésors, vieilleries, cave », quelques bribes de souvenirs d’enfance remontèrent à la surface. Alors, sans plus attendre, il descendit à la cave avec balai et chiffons. Il y en avait des vieilleries ! Beaucoup d’inutilisables, et d’autres qui retinrent son attention, tel un vieux moulin à café, du fil de fer barbelé pour clôturer son champ et, au milieu de tout ce bric-à-brac, il découvrir, complètement recouverte de poussière et de toiles d’araignées, une vieille lanterne à demi rouillée. Il la prit dans ses mains. Son cœur se mit à battre plus vite. Un premier nettoyage avec le balai, un deuxième avec le pan de sa vieille chemise à carreaux convertie en chiffon, un troisième avec un chiffon imbibé de pétrole, et la vieille lanterne retrouva son apparence d’antan. Il la contempla longuement. Elle lui rappelait son enfance, tout aussi enfouie au fond de son cœur que l’avait été sa vieille lanterne au fond de sa cave.
Tout à ses réflexions, il n’avait pas remarqué la présence d’Emmanuel qui était descendu le rejoindre, tout souriant, au fond de la cave. L’Ange lui avait dit : « C’est le moment, Auguste est prêt pour la Lumière ! »
| Arrivé près d’Auguste, Emmanuel prit la Lumière de son cœur dans ses mains et, sous les yeux ébahis du vieillard, la déposa dans la vieille lanterne… Un son de cloche pénétra par le soupirail de la cave. Il était minuit…. On entendait aussi des pas crisser sur la neige. |

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De grosses larmes coulèrent sur les joues d’Auguste. Quelques minutes plus tard, on put voir sur le chemin qui mène à l’église, deux silhouettes, une petite et une grande un peu courbée, qui avançaient mais dans la main, à la lueur tremblante, mais bien vivante, de la vieille lanterne retrouvée.
De P.S. Jeanne Elia, Aubonne
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