Un cadeau que ces 6 mois ! Silesius, dans le Pèlerin chérubinique dit : «Arrête, où cours-tu donc, le ciel est en toi : et chercher Dieu ailleurs, c'est le manquer toujours.» Voilà le fil rouge qui m’a guidée. |
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J’avais choisi comme thème celui de la « Shekhina » (dans la bible, le terme désigne la présence à demeure de Dieu). Mais la vie m’a plutôt montré que c’est « l’écoute » qui me conduit à découvrir et à vivre la présence de Dieu en moi, dans les autres, dans le cosmos. Bien sûr, j’avais des idées, des désirs… Bon nombre ne purent se réaliser me ramenant ainsi à la réalité, comme lieu à écouter, accueillir et aimer. Redécouverte que l’instant présent comble au-delà de toute attente !
Mon panier de reconnaissance est bien rempli. En voici quelques perles : |
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La nature, les saisons, que j’ai goûtées à plein. La chaleur en Palestine au mois d’août et ce ciel bleu m’ont fait un tel bien à tous les niveaux. Etre là en silence à contempler levers et couchers de soleil. Retour en Suisse avec la neige pendant les 30 jours de retraite. Cette neige comme un manteau qui enveloppe, facilite l’intériorité, le silence. |
Alors que la situation en Palestine s’est bien aggravée, le mur de séparation est la concrétisation de ce monde divisé, opposé.
Mais les rencontres avec amis et petites sœurs m’ont révélé à nouveau la fidélité dans l’amitié gratuite. Richesse de ce passé vécu ensemble pendant 20 ans.
A Jérusalem les odeurs du marché m’étaient si familières et je me retrouvais dans cette ville comme si je ne l’avais jamais quittée. J’étais de la famille et en même temps j’étais « l’hôte de passage » dans les fraternités. Temps ensemble où se partageait la vie ordinaire avec les joies et les peines des unes et des autres. J’ai été heureuse de passer plusieurs jours dans le sud d’Israël avec les petites sœurs, de découvrir l’office prié en hébreu en fraternité et de vivre tout un shabbat avec elles. Vivre deux jours dans une grande famille musulmane à Nazareth m’a aussi ravie.
A mon retour en Suisse j’ai vécu dans une communauté religieuse à Lucerne où j’ai redécouvert le goût de la Parole de Dieu en lisant les psaumes et l’Evangile de Jean en schwyzerdütsch (ce fut comme un bain dans ma langue maternelle). C’est là que j’ai fait une retraite de 30 jours. Le 24 décembre, avant la messe de minuit, je suis allée prier dans la gare de Lucerne, j’ai passé un moment dans la salle d’attente où j’ai assisté à un bref échange entre un jeune un peu paumé d’Allemagne et une petite fille d’Erythrée qui lui offrait un bonbon. Et lui de dire : « Que c’est beau de recevoir ce soir un cadeau de quelqu’un. »
J’ai fait comme un grand jeûne d’informations durant ces six mois, ce qui a créé en moi un espace « libre » pour prier autrement avec et pour notre monde.
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